Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est l’enveloppe de référence pour investir en bourse en France. Son atout : après 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus, contre 31,4 % au PFU sur un compte-titres ordinaire.

Comment fonctionne le PEA

Toute personne majeure fiscalement domiciliée en France peut ouvrir un PEA, un seul par personne : un couple peut donc en détenir deux. On y loge des actions de sociétés européennes et des fonds investis au moins à 75 % dans ces actions, dont de nombreux ETF. Certains ETF à réplication synthétique donnent ainsi accès au MSCI World tout en restant éligibles.

  • Plafond de versements : 150 000 €. Il porte sur les sommes versées, pas sur la valeur du plan : vos gains peuvent le faire dépasser.
  • PEA-PME : un second plan dédié aux petites et moyennes entreprises, avec un plafond cumulé de 225 000 € pour les deux plans.
  • Retraits après 5 ans : depuis la loi Pacte de 2019, ils ne ferment plus le plan et vous pouvez continuer à verser.

Fiscalité du PEA en 2026

Seuls les gains sont imposés au moment d’un retrait ; vos versements ressortent sans impôt.

  • Avant 5 ans : un retrait entraîne en principe la clôture du plan, et les gains sont imposés au PFU de 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux). Des exceptions existent, par exemple pour une création d’entreprise ou un licenciement.
  • Après 5 ans : pas d’impôt sur le revenu, seulement 18,6 % de prélèvements sociaux sur la part de gains retirée.

Le délai de 5 ans court à partir de la date d’ouverture, pas du premier gros versement. Ouvrir un PEA tôt avec un petit montant permet de faire tourner ce compteur.

Exemple chiffré

300 € par mois pendant 20 ans

Avec un rendement de 7 % par an, le plan atteint environ 152 261 €, dont 72 000 € de versements et 80 261 € de gains. Retiré après 5 ans d’ancienneté, il supporte 14 929 € de prélèvements sociaux. Le même portefeuille sur un compte-titres paierait 25 202 € au PFU, soit environ 10 300 € de plus.

Calcul Viracash, fiscalité 2026, rendement constant et non garanti.

Avantages et limites

  • Avantages : fiscalité la plus douce pour les actions sur le long terme, retraits partiels possibles après 5 ans, frais souvent faibles chez les courtiers en ligne.
  • Limites : plafond de 150 000 €, univers limité aux titres éligibles (pas d’actions américaines en direct), capital non garanti. Au décès du titulaire, le plan est clôturé et entre dans la succession.

Pour l’ordre dans lequel remplir vos enveloppes, voyez la comparaison PEA ou assurance-vie et le simulateur, qui calcule la fiscalité de sortie de chaque enveloppe.

Ouvrir et choisir son PEA

Le PEA bancaire, ouvert chez une banque ou un courtier en ligne, est le plus courant. Comparez trois postes de frais : les frais de tenue de compte, les frais de courtage à chaque ordre, et le nombre d’ETF éligibles proposés. Pour des versements mensuels de quelques centaines d’euros, des frais de courtage fixes de plusieurs euros par ordre pèsent lourd ; les courtiers en ligne sont souvent bien moins chers que les banques traditionnelles.

Il existe aussi des PEA dits « assurance », ouverts auprès d’un assureur, qui investissent dans une sélection de fonds. Ils sont plus rares et souvent plus chers en frais de gestion.

Le PEA dans une stratégie de long terme

Dans la plupart des plans patrimoniaux, le PEA vient juste après l’épargne de précaution : on constitue d’abord 3 à 6 mois de dépenses sur livret, puis on investit en actions sur le PEA, souvent par versements programmés sur un ETF monde. Le chapitre Les 3 étapes patrimoniales détaille cet ordre. Quand le plafond est atteint, l’assurance-vie puis le compte-titres prennent le relais.

Questions fréquentes

Puis-je verser après un retrait ?

Oui. Après 5 ans, un retrait partiel ne ferme pas le plan et les versements restent possibles. Les sommes retirées ne libèrent pas de place sous le plafond de 150 000 €.

Peut-on détenir un PEA et un PEA-PME ?

Oui, à raison d’un de chaque par personne, avec un plafond de versements cumulé de 225 000 €.

Faut-il préférer le PEA à l’assurance-vie ?

Pour investir en actions sur le long terme, le PEA est généralement plus avantageux fiscalement. L’assurance-vie reste utile au-delà du plafond, pour les fonds euros et pour la transmission.

Peut-on transférer son PEA dans un autre établissement ?

Oui, sans perdre l’antériorité fiscale : le plan conserve sa date d’ouverture. Les frais de transfert sont encadrés par la réglementation ; comparez-les avant de changer.

Que devient le PEA au décès du titulaire ?

Il est clôturé. Les gains restent exonérés d’impôt sur le revenu mais supportent les prélèvements sociaux, et la valeur du plan entre dans la succession.

À retenir : le PEA est le premier réflexe pour investir en bourse en France. Après 5 ans, seuls 18,6 % de prélèvements sociaux s’appliquent aux gains, contre 31,4 % sur un compte-titres.